La Bible dit d'elle même qu'elle est la Parole de Dieu. Elle est divisée en deux parties : l'Ancien Testament, composé de 39 livres et le Nouveau Testament, composé de 27 livres.
En tout 66 livres écrits par 40 auteurs différents. L'AT est constitué des livres de loi, des livres historiques, des livres poétiques et de sagesse et des livres prophétiques. Ils racontent le début de l'humanité avec la création du monde, montrent la décadence de l'homme depuis sa désobéissance et racontent l'histoire du peuple juif. Petit à petit, au fil de l'AT, Dieu dévoile à l'homme un plan de sauvetage magnifique pour l'humanité.
Ce plan de salut, Dieu le met en œuvre au travers de Jésus-Christ. Le nouveau testament commence avec son histoire et se poursuit avec la naissance de l'Eglise chrétienne. Viennent ensuite les épîtres c'est à dire des lettres écrites par des proches de Jésus. Ils transmettent son enseignement à des églises spécifiques et aux églises de tous les temps. L'apocalypse (ou révélation) conclut toute la Bible en évoquant la fin des temps mais en étant surtout un puissant encouragement pour tous ceux qui se sont confiés à Dieu par Jésus-Christ.
C'est une véritable progression non pas de l'enquête comme dans un policier, mais du salut : AT = salut préparé, évangiles = salut opéré, Actes = salut propagé, Epîtres = salut expliqué, Apocalypse = salut accompli.
La Bible a été écrite sur une période qui couvre environ 1500 à 2000 ans. Elle dit que Dieu a lui-même choisi des écrivains. Ils sont issus de toutes les couches sociales de la population, à commencer par Moïse, élevé à la cour d'un Pharaon. David, qui a écrit des Psaumes, a d'abord écrit quand il était simple berger. Esdras, un auteur vivant après la déportation du peuple juif, lui, était prêtre, tandis que Salomon était roi. Pour le nouveau testament, on trouve Matthieu, un collecteur d'impôts, Luc, un médecin, mais aussi Pierre et Jean des pécheurs.
Dieu ne leur a pas dicté Sa parole mais les a inspirés (2 Pierre 1 v.21). C'est à dire qu'Il a dit ce qu'il voulait à l'humanité, mais tout en respectant le caractère de chacun des écrivains, son arrière plan et son style littéraire. Ce qui permet une telle affirmation, c'est d'abord ce que la Bible dit d'elle-même mais aussi ce que l'on constate en la lisant :
Comment réussir un tel exploit ? Nous n'aurions pas inventé un tel procédé ou nous l'aurions trouvé irréalisable. C'est peut-être un indice que Dieu est Dieu et qu'il nous dépasse. Quand on considère cette œuvre littéraire, on ne peut que constater la grandeur de son concepteur.
Comment des écrits, de différents lieux, de différents écrivains, de différentes dates ont ils pu être recueillis en un seul livre la Bible et pourquoi avoir choisi tel et tel livre et avoir laissé de côté tel ou tel autre ? C'est ce qu'on appelle techniquement la constitution du canon des Ecritures. Il y a eu deux étapes, une pour l'Ancien testament et une pour le NT.
Au fur et à mesure que des auteurs juifs écrivaient, certains écrits ont été mis à part, ils étaient sacrés, c'est à dire reconnus comme étant inspirés de Dieu. Par exemple, les tables de la loi étaient dans l'arche sacrée d'Israël (Ex 40.20). Plus tard, le livre de la loi, écrit par Moïse pris lui-même place à côté de l'arche, donc on voit qu'à partir du moment où l'écriture apparaît dans le peuple juif, il y a une volonté de mettre à part ce qui vient de Dieu, de faire un tri entre ce qui est fiable et divin donc inspiré et ce qui est humain qui peut-être rempli de sagesse mais qui ne vient pas de Dieu.
Ont été ajouté comme inspirés de Dieu des écrits de Josué, de Samuel le prophète, etc… On remarque que ces livres sont connus et reconnus par les prêtres, les rois et les prophètes qui sont attachés à Dieu.
Le livre de la loi (cad les cinq premiers livre de notre Bible actuelle) a commencé à être copié et diffusé, à petite échelle cependant, compte tenu des méthodes et des moyens employés à l'époque. Après la déportation et le retour de l'exil il devenait impératif de rassembler les écrits sacrés en un livre unique. C'est donc entre l'époque d'Esdras et Néhémie et l'époque de Judas Macchabée que ce travail a été fait : les livres sont rassemblés, reconnus, et rangés en trois parties : la loi (Ge, Ex Lev, Nb, Dt), les prophètes et les autres écrits.
L'historien juif Josèphe dira : "Nous n'avons que 22 livres qui contiennent les récits de toute l'histoire ancienne et sont à juste titre considérés comme divins". (22 et pas 39 car certains livres étaient regroupés en un seul ex. 1 et 2 Rois …)
A l'époque de Jésus, tous les livres de l'AT étaient connus, reconnus et acceptés depuis déjà un siècle. Le synode juif de Samnia en 90 de notre ère a définitivement fixé le canon (ou la composition) de l'ancien testament qu'on appelle aussi la Bible hébraïque c'est à dire les écrits sacrés reconnus par les juifs.
Un autre facteur très fort nous permet d'avoir confiance dans la composition de l'AT. Jésus lui-même ne l'a pas remis en question. Au contraire, il le cite abondamment, y faisant référence sans le remettre aucunement en question. Une étude montre que dix pour cent des paroles citées de Jésus dans le NT sont des citations de l'AT. De l'évangile de Mat. à 2Pie, on trouve 350 citations de l'AT. Quand Jésus débattait avec les pharisiens, ce n'était jamais à propos de la constitution de l'AT mais toujours à propos de son c'était un acquis. Jésus lui-même s'est appuyé sur l'AT, nous serions prétentieux de vouloir faire différemment.
Tous les livres du NT ont été écrits dans les soixante cinq années qui ont suivi la mort et la résurrection de Jésus. La mort et la résurrection de Jésus marquait le début de la nouvelle alliance entre Dieu et les hommes. Après l'ascension de Jésus et la pentecôte, ce sont les apôtres qui sont devenus les garants de l'enseignement divin. Jésus leur a promis que le Saint-Esprit, leur rappellerait les enseignements de Jésus (Jn 14.26). Tout comme Dieu a inspiré les écrivains de l'AT, Dieu a également inspiré les écrivains du NT.
Bien entendu, d'autres auteurs ont produits des ouvrages rapidement après la mort et la
résurrection de Jésus et les apôtres ont dû préserver l'autorité
de leur enseignement.
Comment les apôtres et l'église primitive ont-ils choisi les livres qui allaient
constituer le nouveau testament ?
Ainsi, l'Eglise primitive ne fabrique pas des livres canoniques mais reconnaît les livres
canoniques. Cela prend quelques temps. Certains livres sont reconnus très rapidement après
leur rédaction, pour d'autres c'est plus long. Il faut dire que les copies ne se font pas au rythme
de l'imprimerie et que les distances à parcourir sont conséquentes. Origène, à
la fin du deuxième siècle est le premier à avoir le même nouveau testament que
nous. C'est le concile de Carthage qui fixe le canon définitif du nouveau testament, avec l'accord
de toute l'église primitive. Chaque livre a encore une fois été examiné,
pesé, étudié ; le NT compte 27 livres, ni plus, ni moins.
(pour les livres apocryphes, la Bible catholique, la septante cf. suite)
A l'époque de Moïse, on écrivait à partir de 3000 caractères en Egypte et également 3000 caractères cunéiformes en Babylonie. Ce sont probablement les sacrificateurs madianites, dans la péninsule du Sinaï qui détenaient une nouvelle science des lettres et c'est là que l'alphabet à 22 lettres a été inventé (alphabet proto-sinaïque). Le beau-père de Moïse était un madianite. On peut facilement imaginer que les 40 ans qu'ils ont passé ensemble ont suffi à Moïse pour apprendre à le maîtriser. Cela lui a permis d'écrire la parole de Dieu de manière beaucoup plus aisée. A la même époque, les Phéniciens commercialisent les papyrus d'Egypte et même le traitent à l'huile d'olive et de cèdre pour qu'il soit plus résistant au temps et à la lumière (durée de vie = 30 à 40 ans). Moïse dispose ainsi d'une écriture et d'un support beaucoup plus pratique que dans les décennies précédentes. C'est la première étape de transmission : l'écriture.
L'ensemble de l'AT est écrit en Hébreux avec quelques passages en araméen (l'araméen dérive directement de l'hébreux, c'est de l'hébreux populaire).
Ce sont les scribes qui ont eu pour tâche, de génération en génération, de recopier les Ecrits sacrés en respectant des règles très strictes pour éviter toute erreur.
Exemple : Les Massorètes
Au cinquième siècle de notre ère, il y a un nouveau souffle parmi le peuple juif.
Certains d'entre eux reviennent à Jérusalem et continuent de plus belle à recopier
l'ancien testament. Ce sont les Massorètes. Leurs règles de copie sont plus que strictes :
Il fallait plusieurs années pour copier l'AT.
Petit à petit, l'hébreux comme langue parlée a tendance à disparaître.
Ce sont les massorètes qui trouvent une solution à ce problème. Jusqu'au 5ème
sl, le texte hébreux de la Bible ne comportait que des consonnes et la tradition suffisait à
en assurer une lecture normale. Ils ont l'idée de fixer la prononciation en inventant les points
voyelles. De plus, ils inventent un système particulier d'accents permettant de garder les nuances
de ton et de sentiment d'un texte.
Les textes sont conservés dans les synagogues. Le plus ancien date de 909.
De même que l'AT, le nouveau est copié minutieusement. Par exemple, au début du quatrième siècle, l'empereur Constantin demande à Eusèbe de recopier en 50 exemplaires la Bible toute entière. (trois d'entre elles sont probablement les trois codex), un peu plus tard, ce sont les moines copistes qui prennent le relai, inlassablement, ils copient et recopient.
Ce travail des moines copistes, des scribes, a été si bien fait qu'aujourd'hui, nous avons pu rassembler 5300 manuscrits du NT datant du 5ème au 15ème siècle, dont 200 manuscrits datant d'avant le 8ème siècle (siècle du passage en grec de l'écriture onciale à l'écriture cursive avec la séparation des mots). Mais nous avons encore bien d'autres portions de la Bible, notamment une centaine de papyrus datant du 2° au 6° siècle.
Faisons une ou deux comparaisons :
Après l'apparition de l'imprimerie, la question de la transmission de la Bible est réglée. D'abord parce qu'avec la même minutie, on la copie un bien plus grand nombre de fois, ensuite parce que nous possédons des manuscrits en grand nombres datant d'avant 1450.
Comment peut-on se fier à un texte de l'ancien testament qui date du 9° sl, alors que l'AT a été rédigé entre le 15° et le 4° sl avant notre ère ?

La plus grande découverte attestant l'authenticité des écrits bibliques est la découverte de Qumrân. Qumrân se situe près de la mer morte et c'est là qu'habitait une communauté juive essénienne. Les recherches permettent de dater le site de 100 av J.C. à 70 ap J.C. Cette communauté a copié les manuscrits anciens et devant la menace romaine a caché ces derniers dans au moins 25 des 200 grottes de la région. En 1947, un jeune bédoin trouve presque par hasard quelques uns de ces écrits. C'est le début d'une nouvelle sensationnelle : des manuscrits datant de l'an moins cent, càd de dix siècles plus vieux que les plus anciens manuscrits que nous possédions ont refait surface.
Des centaines de manuscrits et des milliers de fragments ont été retrouvés dont plus du tiers de textes bibliques. Tous les livres de l'ancien testament sont représentés sauf celui d'Esther, le texte du livre d'Esaie est complet. Enfin un moyen d'évaluer le travail des copistes !!
Le plus fort et le plus beau est cette affirmation que l'on peut tirer de la comparaison entre les manuscrits des massorètes et les manuscrits de Qumrân : en dix siècles de copie, moins de 1 % du texte est affecté d'erreurs. Cela nous laisse croire que nous avons aujourd'hui un texte fiable.
Si l'on compare tous les manuscrits qui nous sont parvenus, de l'ancien comme du nouveau testament, les copies des massorètes, la septante, les textes de Qumrân, les textes onciaux et cursifs, on en arrive à la conclusion que 98.33% du texte que nous utilisons aujourd'hui est fidèle aux originaux. Pour le NT, ce nombre atteint 99.9% soit un mot pour mille qui reste incertain.
Elle est intéressante mais on ne la compte pas dans les textes fiables.
Au troisième sl av J.C., le roi d'Egypte Ptolémée, par goût pour la littérature juive, fait traduire l'ancien testament ainsi que des écrits profanes hébreux en grec. Pour cela, il fait venir des savants juifs (72) à Alexandrie. La version de septante naît. Tout est terminé en 150 av J.C. Cette version est reconnue par les juifs et le NT (lui-même écrit en grec) renferme de nombreuses citations de la Septante.
Cette version est cependant source d'une certaine confusion : la traduction est un recueil incluant l'ancien testament plus d'autres écrits de la littérature juive (non reconnus dans le canon de l'ancien testament). Tout cela est très clair au début. Ces livres sont appelés les livres apocryphes (ou non inspirés).
Au 4° sl, le latin supplante le grec. Il faut alors une Bible en latin. Damase premier, évêque de Rome charge son secrétaire Jérôme de traduire la Bible en latin à partir de la Septante. Jérôme refuse, il veut faire une traduction à partir des textes hébreux et grecs. Contre l'avis de Damase, il part pour Bethléem et il passe plus de 20 ans auprès de savants juifs pour établir une traduction à partir du texte original. Il traduit aussi les livres apocryphes. On l'oblige à les mettre à la fin de la Bible, mais non dans la Bible. Il obéit à cet ordre en mentionnant bien que se sont des livres non inspirés mais petit à petit, certains commettent l'erreur de les inclure dans la Bible.
D'autres traductions voient le jour. Finalement, au concile de Trente en 1550, alors que le protestantisme ne fait que croître, l'église catholique donne aux apocryphes la même autorité qu'à la Bible. Elle les avait rejeté pendant plus de dix siècles.
(Ce sont des apocryphes qu'on tire certaines doctrines comme les prières pour les morts ou le purgatoire.)
(les apocryphes de l'AT sont dans TOB, Jérusalem ; les apocryphes du NT ne sont dans aucune version)
Dès le début du 2° sl et depuis la Vulgate, il y a eu de nombreuses traductions, dans bien des langues (la première Bible complète en français date de 1250).
Pour traduire la Bible, on établit d'abord un texte critique fiable. C'est à dire qu'on rassemble tous les manuscrits qu'on a, on les compare, on relève les variantes dues aux erreurs de copies puis on opère à la traduction en notant bien également en notes de bas de page les variantes rencontrées et leurs traductions. La traduction demande beaucoup de minutie, il faut notamment recontextualiser le texte pour bien comprendre ce qu'il voulait dire pour les lecteurs de l'époque. Les recherches archéologiques et les découvertes de ces derniers siècles sont d'une grande aide pour cela.
Mais la langue évolue. Le vocabulaire change. Il faut continuellement réviser les traductions pour qu'elle garde le sens originel. La traduction Segond, la plus utilisée dans le monde protestant date de 1880. Elle a déjà été révisée plusieurs fois et en même temps d'autres traductions ont été faites.
Il existe aujourd'hui d'excellentes traductions en français ( Semeur, Parole de vie en français fondamental, NBS sont les plus récentes) et loin de se contredire elles se complètent donnant au texte toute sa grandeur.
Réalisé par Rolande, étudiante en école biblique.